Le Panthéon Paris

Le Pantheon

Le Panthéon

L'église Sainte-Geneviève, devenue le Panthéon, fut entreprise par Soufflot en 1755. Sa première pierre fut posée en 1764. Elle demeure la manifestation la plus intéressante des tendances architecturales du règne. Influencé par l'art antique qu'il avait étudié en Italie, admirateur convaincu, en dépit des idées de son temps, du gothique français, Soufflot désirait unir, dans l'église nouvelle, « la légèreté de la construction des édifices gothiques avec la pureté et la magnificence de l'architecture grecque ». A cet effet, il importait d'éliminer les épais massifs de maçonnerie et les pesantes arcades des églises baroques, qui bouchaient la vue et alourdissaient les édifices. Avec une conviction inébranlable, malgré des difficultés matérielles constantes, Soufflot s'attacha à cet ambitieux dessein. Il voulait donner à l'église la forme d'une croix grecque plantée de colonnes. En juillet 1775, le portail de SainteGeneviève était achevé, et offrait, au-dessus d'un perron de onze marches, ses vingt-deux colonnes cannelées d'ordre corinthien, dont les chapiteaux avaient été décorés par Guillaume Coustou, formant péristyle et ~ couvertes d'un berceau à pénétration. L'édifice se continuait lentement, lorsqu'en 1778 des tassements se produisirent. Les constatations des experts furent rassurantes; ces tassements étaient sans importance. Mais l'argent commença alors à manquer à plusieurs reprises. Soufflot mourut en 1780, découragé. Continuée par Brébion et Rondelet, Sainte-Geneviève n'était achevée qu'en 1790. Elle demeure pourtant, dans l'ensemble, avec ses trente colonnes corinthiennes cannelées surmontées d'une frise et d'une corniche d'une richesse rare, la conception de Soufflot. Chacune des quatre nefs est flanquée de bas-côtés surélevés de cinq marches; chaque nef est couverte par une petite coupole sur pendentifs entre deux berceaux à pénétration. A la croisée du transept, quatre piliers unis entre eux par de légères arcades supportent seize colonnes corinthiennes encadrant des fenêtres au-dessus desquelles se détache la vaste coupole à caissons et le lanternon peint qui la surmonte. Tout l'édifice est lumineux, bien que la Révolution ait bouché les fenêtres des murs extérieurs. Une balustrade termine ces murs recouverts d'un toit en terrasse. Le dôme se dresse dans une ceinture de trente-Le Panthéon. - L'église Sainte-Geneviève, devenue,le Panthéon (fig. 218), fut entreprise par Soufflot en 1755. Sa première pierre fut posée en 1764. Elle demeure la manifestation la plus intéressante des tendances architecturales du règne. Influencé par l'art antique qu'il avait étudié en Italie, admirateur convaincu, en dépit des idées de son temps, du gothique français, Soufflot désirait unir, dans l'église nouvelle, « la légèreté de la construction des édifices gothiques avec la pureté et la magnificence de l'architecture grecque ». A cet effet, il importait d'éliminer les épais massifs de maçonnerie et les pesantes arcades des églises baroques, qui bouchaient la vue et alourdissaient les édifices. Avec une conviction inébranlable, malgré des difficultés matérielles constantes, Soufflot s'attacha à cet ambitieux dessein. Il voulait donner à l'église la forme d'une croix grecque plantée de colonnes. En juillet 1775, le portail de SainteGeneviève était achevé, et offrait, au-dessus d'un perron de onze marches, ses vingt-deux colonnes cannelées d'ordre corinthien, dont les chapiteaux avaient été décorés par Guillaume Coustou, formant péristyle et ~ couvertes d'un berceau à pénétration. L'édifice se continuait lentement, lorsqu'en 1778 des tassements se produisirent. Les constatations des experts furent rassurantes; ces tassements étaient sans importance. Mais l'argent commença alors à manquer à plusieurs reprises. Soufflot mourut en 1780, découragé.

Continuée par Brébion et Rondelet, Sainte-Geneviève n'était achevée qu'en 1790. Elle demeure pourtant, dans l'ensemble, avec ses trente colonnes corinthiennes cannelées surmontées d'une frise et d'une corniche d'une richesse rare, la conception de Soufflot. Chacune des quatre nefs est flanquée de bas-côtés surélevés de cinq marches; chaque nef est couverte par une petite coupole sur pendentifs entre deux berceaux à pénétration. A la croisée du transept, quatre piliers unis entre eux par de légères arcades supportent seize colonnes corinthiennes encadrant des fenêtres au-dessus desquelles se détache la vaste coupole à caissons et le lanternon peint qui la surmonte. Tout l'édifice est lumineux, bien que la Révolution ait bouché les fenêtres des murs extérieurs. Une balustrade termine ces murs recouverts d'un toit en terrasse. Le dôme se dresse dans une ceinture de trente-deux colonnes : il est éclairé par deux rangées de fenêtres, surmonté d'un lanternon et d'une croix. Les quatre escaliers qui l'unissent au toit jouent le rôle d'arcs-boutants. Comme Perrault à la colonnade, Soufflot allia le fer à la pierre pour assurer la solidité de son dôme.

Les énormes proportions de l'église (110 mètres de long sur 82 mètres de large, 32,59 ni de largeur dans chaque nef, 18,81 ni de hauteur aux colonnes du portail) n'en font point le seul interet L'ampleur et l'harmonie de ses proportions en font, à l'intérieur, un édifice de premier plan.

A l'extérieur, en revanche, la valeur esthétique du monument demeure discutable. Et plus encore, son utilisation par le culte est difficile à concevoir. En combinant des résurrections archéologiques, en se lançant dans des restaurations, les architectes du xv,lle siècle oub li aient que les édifices religieux sont destinés à la prière, de même que l'hôtel, modeste ou luxueux, est fait pour être habité. Les églises baroques étaient mieux appropriées à leur fonction que le Panthéon, qui se révéla par la suite également inapte à tous les ernplois. Ainsi, aux derniers temps de la monarchie, l'architecture religieuse parisienne, en dépit de tentatives audacieuses, était en train de se transformer en archéologie : elle risquait d'être étouffée par la science.

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